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 Sound of a gun. { Kuro <3

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Emiko Hiroshi
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MessageSujet: Sound of a gun. { Kuro <3   Dim 31 Mai - 20:23

    *Je dois le rattraper.*
    Emiko courait à travers les couloirs qu’elle connaissait si bien pour les avoir arpentés en long et en travers pendant toute sa vie. C’était cependant la première fois qu’elle les voyait défiler si vite, et si flous. Des larmes de rage embrumaient encore ses yeux, bien qu’elles se soient enfin arrêtées de couler.
    *Je dois l’arrêter.*
    Sourcils froncés, avec une seule et unique notion de haine pour toute pensée, elle filait à toutes jambes. Jamais une telle vitesse ne l’avait portée. Jamais une telle détermination, jamais un tel désir de vengeance ne l’avait submergée. C’est fou comme ses sentiments changeaient vite… Et dire qu’elle en avait presque été à se trouver un quelconque amour pour Kurosaki, il y avait de cela à peine cinq minutes.
    *Je dois le tuer.*
    À présent c’était la seule chose qu’elle désirait : lui mettre une balle dans la tête. L’anéantir, pour se venger de cette humiliation qui, elle le savait, décevrait énormément son cher père. Elle se demandait comment elle avait pu douter de l’idéologie des NoRights, et se sentit stupide d’avoir imaginé le monde parfait comme celui des AnyBands.

    Portes en acier débouchant sur d’autres salles de torture identiques en tous points à la cent vingt-trois. Escaliers. Longs corridors déserts. Autres escaliers. Immense hall fait de marbre blanc. Encore des escaliers. Couloirs recouverts d’une moquette grise, terne et triste. Bureaux aux parois de verre translucide. NoRights paisiblement assis sur leurs fauteuils de cuir noir, devant leurs ordinateurs ou penchés sur leur travail. Regards interloqués et surpris sur le passage de l’héritière Hiroshi. Tout défilait comme dans un rêve. Pas un beau rêve, ni même un cauchemar. La réalité, au fond…

    Emiko s’arrêta enfin au détour d’un couloir, dans une glissade adroite, devant la porte qui portait son nom gravé en lettres capitales, dans une petite plaque de bronze. Elle ouvrit le panneau à la volée, se rua derrière son bureau. Elle y mit un bazar monstrueux en cherchant sa deuxième arme à feu, mélangeant les papiers, renversant les dossiers, décrochant des tiroirs dont le contenu venait s’étaler pêle-mêle à ses pieds. Enfin, elle trouva le petit revolver noir, et la course reprit. Un des secrétaires NoRights l’intercepta, intrigué. Essoufflée, agacée, enragée, mécontente que quelqu’un la ralentisse dans sa précipitation, elle envoya bouler l’homme en lâchant froidement :


    « Pas le temps d’expliquer. »

    Puis la belle repartit, courant de toute la force de ses jambes entraînées, courant comme si la mort était à ses trousses. C’était un peu le cas, d’un côté. Emiko était consciente des actions de Kurosaki. Elle savait pourquoi il était là. Pour qui. Elle savait aussi quel était le responsable de la mort de ses parents, de ses terribles cauchemars sûrement. Elle savait pertinemment tout ça. Et elle savait que la première chose que ferait l’AnyBand, que le premier endroit où il se rendrait, que la première personne qu’il irait trouver était… son père. Monsieur Hiroshi. Et puis, Emiko avait peur, lorsqu’elle imaginait la rage de Kurosaki lorsqu’il pourrait enfin mettre la main sur l’assassin de ses chers parents. Elle avait peur, oui. Et c’était la raison qui la poussait à courir vers le bureau de son géniteur, avec ce désir de vengeance qu’elle entretenait envers son ex-prisonnier.

    Mais lorsqu’elle arriva à l’office de son père… Elle était vide.
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Kurosaki Kusano

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MessageSujet: Re: Sound of a gun. { Kuro <3   Lun 1 Juin - 14:41

    « GAAAAAAAAAAAAAARDES !! »

    La porte s’ouvrit, laissant apparaître une dose considérable de lumière. Elle aveugla quelques secondes Kurosaki, avant qu’il s’y habitue totalement. Deux gardes apparurent, et au plus grand contentement du jeune Anyband, ils virent la position déplaisante de leur supérieure. Il jubilait, il avait encore réussi à la souiller une nouvelle fois, la première fois étant celle où ils avaient couché ensemble. Ils braquèrent leurs armes sur lui. Ce regard haineux s’amplifia sur le visage du japonais, et un sourire presque inhumain vint marquer ses traits. Un sourire sadique, dénué de toute ancienne tendresse. Il enfonça un peu plus la crosse de son arme sur la peau nue d’Emiko, laissant aux gardes un seul choix possible : la liberté.

    « Laissez-moi passer. Ou je la tue. »

    Les gardes l’écoutèrent, malgré les propos de leur maîtresse. Aucun d’eux ne voulait s’exécuter au risque de la blesser elle, ou de mourir lâchement en la laissant entre ces mains malpropres. Elle commençait enfin, dans une rage folle, à essayer de se libérer de l’emprise de son ennemi qui la tenait toujours aussi fermement. Les deux NoRights s’écartèrent peu à peu de la porte en acier, lâchant au passage leurs ‘jouets’.


    « Parfait. C’était la meilleure chose à faire. Vous êtes braves. »

    Il prononça ces mots sur un ton si ironique qu’il semblait avoir pitié des deux hommes impuissants devant lui. Après tout n’était-ce pas le cas ? Dans un nouvel élan de rapidité, il jeta la jeune femme presque nue à terre, et s’éclipsa dans le couloir. Ils ne l’avaient même pas poursuivi. Trop occupés à regarder la femme du maître suprême dénudée devant eux.

    Il courait. Plus rien n’arrivait à l’arrêter. Pas même ses blessures. Bien vite, il fut hors du quartier des salles de tortures. Arrivant à une intersection, il s’adossa contre le mur, regardant si aucun ennemi ne pouvait lui nuire. Un garde était placé face à une porte qui annonçait un nouveau quartier bien plus calme que l’actuel. Kuro chercha un quelconque moyen de l’attirer vers lui. Il portait une bague, rouillée par sa douloureuse sueur. Il la jeta vers le côté opposé à l’homme. A ce bruit sourd, son adversaire se dirigea naïvement vers l’objet qu’il voyait au loin. Arrivant près du mur où se trouvait Aki, il ne porta pas même attention à l’autre couloir qui formait ce carrefour. Dans un élan de force, l’asiatique lui porta un coup profondément violent à la tête en s’aidant de l’arme qu’il avait en main, de façon à l’assommer. Son opposé portait un habit propre à son clan que Kusano s’empressa d’enfiler prenant soin de chercher un lieu où il pu se débarbouiller le visage et les membres. Il pensait à tout. Si l’on avait vu une quelconque trace de sang et cet air si fatigué et crasseux sur son visage, on se serait posé une multitude de questions. Il poursuivit sa course. Arrivant vers les bureaux, il se hâta de demander à une secrétaire si le chef Hiroshi était dans son bureau. Elle lui répondit négativement, mais lui indiqua après qu’il lui ait parlé d’un cas d’extrême urgence, que le bureau était au fond à gauche. Il s’y dirigea et y entra. Tout était ordonné et propre. Elle lui avait assuré qu’il arriverait d’une minute à l’autre. Et dans un clic presque sourd la poignée s’abaissa. Le jeune et bel homme se cacha derrière un meuble et attendit de voir entièrement le visage de l’assassin de ses défunts parents. Ce même regard, cette même expression malsaine. Ces traits représentant l’enfer sur terre. Ce désir vengeur anima bien vite Kuro. L’homme était dos à lui quant il s’écarta de l’armoire où étaient rangés grand nombre de dossiers. Il porta le canon vers l’homme et l’arma. Ce nouveau bruit sourd, surprit le meurtrier. Il ne bougea pas et d’une voix méconnaissable, l’AnyBand prononça les paroles qu’il avait longtemps espéré dire.


    « Mains en l’air. »

    Le patron lâcha les dossiers qu’il avait en main et se tourna avant même que Kurosaki ne lui demande. Il analysa les traits du jeune homme et ne mit pas longtemps à prononcer à son tour quelques mots.

    « Kurosaki. Je savais que nous nous reverrions. »

    Cette voix. Si lointaine, si rauque. Un timbre qui avait glacé le sang d’Aki la première fois qu’il l’avait entendue. Ses traits s’accentuèrent. Ce n’était pas le moment de repenser au passé. Pas de cette façon. Il s’avança vers son ennemi juré. Il le fouilla et l’attrapa comme sa progéniture quelques minutes avant. Braquant l’arme sur la tempe de Mr Hiroshi, la jubilation était telle que Kuro mit un certain temps à répliquer. Il profitait de cet instant de supériorité dont il avait temps rêvé depuis ses dix ans. Enfin ses paroles se firent entendre. Il chuchota à l’oreille de son prisonnier.

    « Tu savais que je viendrais la chercher. Mène-moi à elle. »

    Le chef Hiroshi ouvrit la porte malgré l’emprise du jeune homme qui le retenait par le cou. Ils tournèrent à droite, l’Anyband ayant empêché son cher adversaire d’emprunter le couloir gauche où toute la population NoRight se tenait. Ils avancèrent et traversèrent bons nombres d’endroits tous plus sombres les uns que les autres. C’était l’heure de repos des gardes, une chance pour le petit couple que formaient les deux hommes. Ils arrivèrent bientôt sur un long balcon qui formait une allée rectangulaire. Aki pu enfin respirer l’air frais et revoir le monde extérieur. Il remarqua les nombreuses prisons présentes autour de lui. Les prisonniers venaient se coller aux grilles sur son passage crachant le peu de salive dont ils disposaient sur l’homme qui avait détruit leur vie. L’ennemi juré des NoRights déduisit de cette disposition un hiver et un été bien dur pour ces gens. Soudain, il posa son regard sur un cachot central. Il y vit une jeune fille accrochée par des chaînes au mur. Il s’approcha. Une fois devant la grille…ce teint blanc, ces cheveux d’une blondeur incroyablement belle, ce visage si semblable au sien…Malia. ‘C’est elle’ lui affirma le vieil homme que Kurosaki s’empressa d’attacher à l’aide de menottes. Malgré la main libérée du vieillard, il lui était impossible de faire un quelconque mouvement pour nuire à Kurosaki. Le son qu’avait produit la barre métallique avec la menotte qui s’y était accrochée, avait réveillé la jeune femme. Puis, entendant le bruit d’une clé, elle releva vivement la tête, apeuré à l’idée d’être nouveau battu ou violé par les gardes. Elle découvrit un visage incroyablement beau comparé à ceux qu’elle voyait habituellement, mais elle vit cet habit noir de violence. Quand elle tourna les yeux, elle vit aussi le chef Hiroshi attaché d’une main à un barreau. Qui était donc ce jeune homme qui s’avançait vers elle ? Ce jeune homme qui déposa une main sur sa joue ? Une main qu’elle essaya de dégager en secouant la tête dans tous les sens.

    « Malia…c’est moi…Kurosaki. »

    A ses mots, la jeune femme plongea son regard aussi animé de larmes que celui dans lequel elle se noyait. Il enleva cette dite main dont la paume venait de caresser le visage de sa chère sœur, pour aller détacher les chaînes qui la retenait. Elle tomba dans ses bras, mouillant l’épaule de Kusano de ses larmes. Il la redressa, et attrapant sa figure, il lui dit calmement de nouveaux mots :

    « Ecoute-moi. Non loin d’ici, il y a une base alliée où on s’occupera de toi. Les gardes sont au repos, tu n’auras pas de mal à sortir. Prend cette arme. Je te retrouverai bientôt Malia. »

    Il lui donna l’arme qu’il avait empruntée au NoRight qu’il avait assommé plus tôt. Il la regarda et posa un baiser sur son front. Il ne pourrait même pas savourer leurs retrouvailles. Elle le serra dans ses bras, elle ne voulait pas en partir, ses larmes ne s’arrêtaient plus et son jeune frère retenait les siennes. Il avait bien compris qu’elle ne voulait pas partir sans lui. Il la repoussa.

    « Pars. Dépêche-toi avant qu’il ne soit trop tard. »

    Elle le regarda, et déposa son regard vers la porte de sa cellule ouverte. La liberté ou son frère ?

    « MALIA PARS !! »

    Elle le serra une dernière fois dans ses bras, et lâcha sa main si douce et si fraîchement retrouvée. Elle courra et se tourna pour voir son frère saisir l’assassin de leurs géniteurs. Kuro l’empoigna au col et planta son arme vers sa tempe. Sa sœur ne voulut pas voir ce triste spectacle. Elle en voulait à cet homme, mais pas assez pour qu’il en meurt. Contrairement à Kurosaki. Elle disparu dans les divers couloirs qui la mèneraient à la sortie.

    L’Anyband quant à lui, pressa le cran de sécurité. Une fois ce dernier désactionné, il se prépara à appuyer sur la détente. Le bruit de la porte métallique qu’il avait pris soin de fermer avec Mr Hiroshi s’ouvrit soudainement, laissant apparaître Emiko. Son père la regarda d’ailleurs. A cet instant Kuro hésita à tuer cet homme dont la mort lui apporterait la plus grande joie. Il pensa à la jeune femme qui regardait. Il voyait dans ses traits la peur qu’il avait eu quand il avait assisté à la mort de ses parents. Voulait-il vraiment lui infliger ça... ? Un sentiment inconnu le parcoura quand il posa son regard dans celui de la jeune fille. Il se souvint qu’il y avait de cela presque une heure, il la déshabillait, envieux de voir, de toucher, d’embrasser son corps. Il se souvint qu’à cet instant, il avait oublié la vie. Oublié sa sœur, oublié les gardes, sa rancœur, sa souffrance, sa haine. Il l’avait désiré. Il l’avait voulu pour lui, pour lui seul. Il avait senti un battement irrégulier venant de son cœur. Il avait voulu que le temps s’arrête. Que le passé n’ait jamais existé. Que ses bras tiennent toujours la jeune japonaise. Qu’elle le caresse tendrement. Qu’elle l’embrasse passionnément.

    Mais à quoi pensait-il ? La folie avait-elle pris possession de son être ? Le manque d’eau lui donnait-il des hallucinations ?


    *Qu’est-ce qu’il m’arrive bon sang ? Tire Kuro, Tire !*

    Il revint à lui. Il se souvint de cet être qui avait versé tant de sang, dont le sien. De la haine qui l’habitait. Du but qu’il s’était toujours fixé depuis toujours. Il chuchota une nouvelle fois à l’oreille de son plus grand adversaire.

    « Ta fille est sûrement la femme avec laquelle j’ai pris le plus de plaisir à coucher. D’ailleurs si ta mort n’était pas si proche, tes gardes t’auraient sûrement raconté ce qu’ils ont eu le bonheur de voir dans la salle #123. »

    A ses mots, il se releva, décolla l’arme de la tempe de l’ennemi. Il tenait fermement le col de la chemise du très cher père de sa dernière conquête et prononça à haute voix :

    « Ce qui doit être le plus triste, c’est que ta fille vive ce que j’ai vécu moi-même il y a 13 ans. Tu vas payer pour le sang que tu as versé. »

    Il braqua l’arme à quelques centimètres de la tête qui se présentait à lui et s’empêchant de regarder Emiko, appuya sur la détente. Le coup de feux résonna contre les parois des cellules. Tous les prisonniers regardaient la scène. Le corps tomba à terre. Le sang se répandit sur le sol. Le maître suprême était mort. Kurosaki leva les yeux vers ceux de Melle Hiroshi qui regardait ce corps avec un regard ampli de tristesse. Elle porta ensuite son regard dans celui de l’Anyband. Il la regardait d’une autre façon. Plus aucune once de haine, plus aucun air vengeur. Une expression vidée de tout sentiment possible. Il baissa les yeux et serra l’arme à l’aide de sa main. Le regard de la jeune femme. Ces larmes qu’elle retenait…il regrettait son tire, regrettait amèrement ces yeux qu’il venait de regarder. Sans plus attendre, sa main agrippa la barrière du balcon, duquel il sauta. Atterrissant accroupi sur le sol sableux, il se releva bien vite et se dirigea vers un escalier qui le mènerait au toit…

    [J'aime cette scène *o*; c'est long o_ô *jamais fait aussi long*, mais bon après l'écriture, c'est autre chose ♥;]
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Emiko Hiroshi
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MessageSujet: Re: Sound of a gun. { Kuro <3   Lun 1 Juin - 18:34

    Le silence régnait, le bureau était désert. Seule la respiration bruyante d’Emiko se répercutait contre les parois de l’office désespérément vide. Les yeux bruns de la belle ne cessaient de sauter d’un bout à l’autre de la pièce, comme si ils espéraient encore voir apparaître la silhouette de leur cher père. Mais c’était peine perdue, il était trop tard. Kurosaki avait fait vite. Le pouls de la jeune femme s’accéléra plus encore, sa respiration se fit plus forte, saccadée. On aurait dit qu’Emiko suffoquait, qu’elle n’arrivait plus à respirer. Et c’était le cas, elle avait du mal, tant la peur et l’horreur s’emparaient d’elle. Jamais une telle émotion ne l’avait dominée, jamais elle ne s’était sentie perdue comme elle l’était à cet instant précis. Elle toujours si sûre d’elle, toujours au sommet,… S’effondrait. Au sens figuré. Elle s’effondrait intérieurement. Et c’était peut-être même pire que tout.

    Elle se prit la tête entre les mains, se répétant ce chuchotis incessant :


    « Non, non, non, non,… oh non, c’est impossible,… non, non, non, non, non, pitié, non… »

    Un point de côté lui déchirait les côtes. Sa gorge ne l’avait jamais autant brûlée. Elle se sentait faible. Trop faible. Elle était exténuée. Elle n’en pouvait plus. Et pourtant, une petite voix à l’intérieur d’elle-même lui ordonnait de poursuivre sa course, de ne pas laisser tomber. Un espoir venu de nulle part lui chuchotait incessamment qu’il n’était peut-être pas déjà trop tard. Se ressaisissant, elle ferma les yeux un bref instant, ravala ses larmes et retint son souffle pour se calmer. Elle réfléchit, et elle n’eut pas besoin de réfléchir longtemps pour deviner où Kurosaki avait dû poursuivre sa course. Puisant dans ses dernières forces, Emiko releva la tête, fit demi-tour et repartit à travers les couloirs de plus belle. Si on lui avait un jour dit qu’elle était capable de courir aussi vite, elle ne l’aurait pas cru. Son but avait changé lorsqu’elle avait découvert le bureau vide de son père. Enfin, non. Mais le visage qui la poussait à vouloir atteindre son objectif s’était transformé. Elle reconnut la voix qui lui intimait, qui la suppliait de ne pas l’abandonner. Elle ne la connaissait que trop bien. Ces accents graves et rauques, qui avec elle, et seulement elle, s’emplissaient d’une tendresse inégalable. Ce ton aimant, mais si dédaigneux lorsqu’il s’adressait à quelqu’un d’autre… N’était autre que celui de son père. Emiko se répétait que si elle voulait le réentendre un jour, elle devait être plus rapide, et rattraper Kurosaki. C’était la seule raison, par dessus la haine et le désir de vengeance, qui l’animait, qui la poussait à courir, à puiser des forces qu’elle ne se connaissait pas.

    Et elle comprit. Elle comprit ce qu’était la famille, ce qu’était l’amour, ce qu’il poussait à faire. Elle comprit que c’était cette même force qui portait son ennemi depuis toujours, et toujours plus haut. « Sauver un être cher, » voilà comment elle se nommait, cette force, voilà tout ce qui comptait. Et à mesure qu’Emiko comprenait cela, elle comprenait aussi à quel point il serait dur d’arrêter Kurosaki. Parce qu’il était trop fort. Mais elle devait le faire, elle devait essayer, elle devait réussir. Pour revoir ce visage qui lui ressemblait, ce visage sans lequel elle ne concevait pas sa propre vie. Parce qu’elle le voyait depuis sa plus tendre enfance, qu’il était sa seule famille, qu’il appartenait à la seule personne qu’elle avait jamais aimé. Son père représentait tant pour elle… Il lui avait tout appris, tout donné. Tout ce qu’elle possédait, de sa villa à son idéologie, venait de lui.

    Alors il ne pouvait pas mourir… Pas maintenant, pas déjà. Il ne devait pas mourir.

    *Papa, attend moi… Ne pars pas…*

    Les couloirs avaient beau défiler, Emiko ne les voyait plus. Les gens avaient beau l’interpeller, elle ne les entendait plus. La fatigue dans les jambes, la douleur lui déchirant les côtes, elle ne faisait plus que courir. Courir à sa perte, peut-être bien. Mais courir, c’était tout ce qui comptait… Courir avec la mort aux trousses. Une mort qui serait la sienne indirectement, une mort qui se rapprochait de plus en plus, dangereusement… Une mort dont elle avait une peur indescriptible. Alors que jamais elle n’avait eu peur de mourir elle-même.

    La jeune femme laissait ses jambes la porter, ne réfléchissant même pas à où elle allait. Elle savait que son inconscient la conduirait jusqu’au bon endroit. Et elle ne se trompait pas : bientôt, l’allée bordée des cellules des prisonniers côté ouest apparut devant ses yeux, qui semblaient regarder un autre monde – mais pas celui qu’elle avait imaginé un peu plus tôt. Emiko ne se souvenait pas exactement où se trouvait la prison de la jeune Malia, elle allait devoir chercher. Sans pour autant ralentir. Plus les secondes s’écoulaient, plus cette peur grandissante l’envahissait. La peur que ce visage disparaisse à tout jamais. La nippone avait l’impression que le temps s’était transformé en sable, et que très bientôt, le dernier grain tomberait dans la partie inférieure du sablier. Et que ce serait alors trop tard. Le désespoir noyait la belle, bien que ses larmes ne recommencèrent pas à couler. Comme les couloirs lui semblaient interminables… Mais soudain, un cri tout proche perça le silence.


    « MALIA, PARS !! »

    De l’espoir plein les yeux, Emiko effectua un magnifique dérapage contrôlé au détour d’un autre couloir, et c’est là qu’elle les vit. Kurosaki debout, sa sœur s’enfuyant de l’autre côté, et monsieur Hiroshi dans une position de faiblesse que jamais sa fille ne lui avait connue. Mais malgré cette menotte qui le reliait aux barreaux d’une des cellules, il restait le digne NoRight qu’elle côtoyait chaque jour.

    Emiko marqua un temps d’arrêt.

    Kurosaki venait de braquer son père, apposant la crosse de l’arme à feu sur sa tempe. Comment osait-il ?! Il n’avait pas le droit ! Un éclair d’une frayeur sans nom traversa le regard ambré de l’héritière Hiroshi. Elle était comme paralysée. Elle n’osait plus bouger, de peur que ça ne déclenche la balle, qui était prête à venir se loger dans la boîte crânienne de son père. Interpellé par le bruit de son arrivée, l’AnyBand porta ses yeux sur la japonaise. Une expression indéchiffrable traversa ses iris bruns. Un élan de compréhension. D’hésitation. Emiko pria le ciel pour que son propre regard empêche Kurosaki de commettre l’irréparable, puisque rien d’autre n’était à présent susceptible de l’arrêter. Mais elle eut tort d’espérer, car bientôt, l’éclair qu’elle avait entraperçu sur les traits du nippon se dissipa, laissant place à la haine, à la vengeance qu’il tenait enfin. Quelle idiote d’avoir cru un seul instant que tant de rage pouvait s’évaporer devant ses seuls beaux yeux… Elle comprit trop tard qu’elle ne pouvait plus rien faire. Il ne lui restait plus qu’à regarder son père mourir, assassiné sous ses yeux.

    Non ! Elle ne pouvait pas s’y résoudre ! C’était impossible ! Tant de gloire et d’honneur ne pouvaient pas s’éteindre comme ça ! C’était impossible !

    Elle discerna sans voir un vague mouvement devant elle, à une dizaine de mètres, lorsque Kurosaki se baissa vers son géniteur pour lui chuchoter quelque chose à l’oreille. Elle devina qu’il se redressait ensuite, et entendit très clairement les mots qu’il clama haut et fort, à la cantonade, plus pour lui même que pour les autres personnes ici présentes.


    « Ce qui doit être le plus triste, c’est que ta fille vive ce que j’ai vécu moi-même il y a 13 ans. Tu vas payer pour le sang que tu as versé.
    - PAPA !
    »

    Depuis qu’elle avait tourné à l’angle du couloir, deux secondes avaient dû s’écouler, en tout. Emiko avait l’impression de voir la scène au ralenti, comme dans un film. Ce qu’elle aurait voulu que c’en soit un… Ou un mauvais rêve. Le pire cauchemar qui soit. Elle aurait tout donné pour que c’en soit un, quitte à le faire chaque nuit, à n’en plus pouvoir dormir. Mais c’était la dure réalité. Il y eu ce sinistre bruit, celui si connu du cran de sécurité que l’on enlève. Et puis…

    « PAN. »


Dernière édition par Emiko Hiroshi le Lun 1 Juin - 18:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sound of a gun. { Kuro <3   Lun 1 Juin - 18:34

    Le corps sans vie du chef Hiroshi, amorti par ses vêtements, s’effondra au sol dans un bruit mou. Mais il sembla à Emiko que jamais un quelconque son ne lui avait percé les tympans à un tel point. Elle avait l’impression que c’était elle, qui venait de prendre une balle dans la tête. Et pourtant, c’était son père qui gisait à présent sur le sol, mort. Assassiné. Du revolver de sa propre fille. Il fallut quelques secondes à celle-ci pour réaliser que plus jamais elle n’entendrait cette voix qui l’avait poussée à courir si vite, se surpassant comme elle ne s’en serait pas crue capable. D’un coup, son point de côté resurgit, lui brûlant les entrailles. Ses jambes fatiguées n’avaient plus envie que de se dérober sous son poids, pour qu’elle aille rejoindre le corps de son père, quitte à baigner dans la tâche rouge de sang qui s’élargissait autour de son visage… Face contre terre. Sous le regard de tous les prisonniers, sous leurs cris de jubilation, sous leur euphorie et sous celle de Kurosaki sûrement, Emiko ne voulait même plus savoir si il était satisfait ou non. Le temps semblait s’être suspendu. Le sablier était écoulé. Et c’était trop tard.

    Elle avait perdu.

    La tristesse remplit alors son regard, et la boule au fond de sa gorge se ranima, l’empêchant de respirer convenablement. Elle suffoquait, elle se sentait plus faible que jamais. Exténuée, elle aurait voulu s’allonger sur le cadavre de son père et s’y endormir. Pour rêver de lui et des souvenirs qu’elle avait vécu avec lui. Elle aurait voulu s’effondrer et pleurer ses larmes, son sang, mais rien ne sortait. « Les larmes les plus douloureuses sont celles qui restent à l’intérieur… »

    Puis Emiko releva la tête.

    Kurosaki n’avait pas bougé, lui non plus. Ses yeux s’étaient voilés, et on y discernait plus rien. Ne pouvait-il pas être fier de lui, à présent ?! Il avait eu ce qu’il voulait, non ?! Alors pourquoi ne jubilait-il pas ?! Pourquoi ne hurlait-il pas sa joie ?! Pourquoi ne criait-il pas sa satisfaction d’avoir détruit une vie, si ce n’est deux ?! Une expression de souffrance aiguë déchira les traits de la japonaise. Celle-ci avait les sourcils froncés, soucieux. Les dents serrées. Les yeux voilés d’un désespoir qu’elle n’avait jamais connu. Voilà, maintenant, elle savait. Ce que ça faisait, de perdre un être cher. Et elle savait à quel point le désir de tuer son meurtrier était grand, car aussitôt, elle se redressa, retrouvant des forces qu’elle n’avait plus, et animée d’une haine inégalable, elle hurla :


    « NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON ! »

    Kurosaki prit appui sur la rampe et sauta dans le vide, au même instant où les jambes d’Emiko se résolvaient à la porter de nouveau. Elle démarra au quart de tour, fonçant en ligne droite, vers le point d’où l’AnyBand venait de disparaître. Elle s’arrêta devant la barrière, jeta un dernier regard triste vers le corps de son cher père… Puis se retourna, et sauta à son tour.

    « TU VAS ME LE PAYER !! »

    La détermination l’avait envahie, et jamais cette pensée ne l’avait submergée avec autant de force : tuer Kurosaki. Pour venger son père cette fois, et non plus elle. La rage qui la possédait animait ses quatre membres avec adresse, vitesse et précision. La rage de vaincre. Dans sa course, elle laissa même tomber le petit revolver noir qu’elle avait pris dans son bureau.

    Empreintant le même chemin que Kurosaki, Emiko monta quatre à quatre l’escalier qui menait au toit, s’agrippant à la rampe avec force. Elle sauta les trois dernières marches d’un bond, atterrissant accroupie à leur sommet pour se relever vivement. Un regard lui indiqua que l’AnyBand n’était séparée d’elle que par une distance de trois ou quatre mètres : elle l’avait rattrapé. Et maintenant, il était coincé. Un sourire jubilatoire dévasta les traits de la belle, un sourire que la colère déformait, la rendant méconnaissable. Comparable à un animal enragé. Animal qui aussitôt, se jeta sur Kurosaki, lui assimilant un violent coup de poing.

    Les deux nippons luttèrent au corps à corps, et Emiko parvint même à envoyer bouler l’arme à feu au sol, à quelques mètres de là. Comme l’AnyBand se rua à sa suite, la demoiselle dégaina un bon coup de pied qui emmena Kurosaki mordre la poussière. Elle saisit son propre revolver en un éclair d’une rapidité inouïe, et se retourna au moment où, se relevant, le brun était sur les genoux. Il y eu ce sinistre bruit, celui si connu du cran de sécurité que l’on enlève. Et puis, enfin, ce fut au tour d’Emiko d’apposer la crosse de son arme sur la tempe de son ennemi. Elle n’avait pas desserré les dents. Elle ne souriait pas, elle ne souriait plus. Seule la rage l’habitait.

    C’est alors que Kurosaki leva les yeux vers elle. Il la regardait, et son expression était étrange. Il semblait si innocent, ainsi désarmé… Si humain… Pourquoi ? Pourquoi redevenait-il l’homme parfait auquel Emiko ne se sentait pas capable de résister ? Elle hésitait. Une partie d’elle même, revoyant la scène dans la salle de torture et la mort du chef Hiroshi, désirait voir l’AnyBand mourir. Mais l’autre partie voulait que tout cela cesse. L’autre partie espérait encore ce monde parfait. L’autre partie désirait rester dans les bras de Kurosaki jusqu’à la fin des temps… Alors, que faire ? Venger son honneur, et son père ? Satisfaire son amour insensé pour l’homme qui était à sa merci ? Alors qu’elle ne vivait plus que pour le voir mourir ? Que choisir, lorsque tous les choix vous font souffrir, et que vous le savez pertinemment ? Et quand vous êtes obligés de le faire, ce choix ? Quand vous n’avez même pas le temps d’y réfléchir ?

    « You Have To Decide. »

    Des bruits de pas précipités se firent entendre derrière Emiko. Parmi les Norights qui débouchèrent sur le toit, les deux gardes de la salle cent-vingt-trois. Tous se figèrent devant la scène qui s’offraient à eux, persuadés que la détonation ne tarderait pas. Et pourtant, rien ne vint. L’une des femmes, réalisant que sa coéquipière hésitait, lui cria :


    « Qu’est-ce que tu attends ?! Tue-le !
    - …
    »

    C’est alors qu’elle se souvint. L’interpellée se rappela du rêve qu’elle avait fait, la nuit où Kurosaki avait dormi à ses côtés. Elle se remémora la scène qui l’avait tant troublée à son réveil, et s’aperçut qu’elle était en train de vivre exactement la même.

    « QU’EST-CE QUE TU ATTENDS ?! »

    Que ces cris de protestation lui semblaient lointains… Emiko ne voyait plus que Kurosaki, toujours à genoux, à ses pieds, le flingue posé sur la tempe, le cran de sécurité enlevé. Elle ne voyait plus que le regard de l'homme. Elle ne sentait plus que son propre cœur battre anormalement.

    « Tout était flou, et tout changea encore. Cette fois, c’était elle qui tenait le revolver, braqué sur ce même visage inconnu. Une intuition lui soufflait que c’était le même qu’au début de son rêve. Et lorsqu’il parla, elle le vit enfin. Aito. Une expression étrange avait pris possession de ses traits. Il ne cessait de dire quelque chose, mais Emiko était incapable de comprendre ses paroles. Les yeux bruns de l’homme luisaient d’une façon qu’elle ne lui connaissait pas. Une autre voix criait, derrière elle. Elle devait tirer, elle le savait. Elle allait tirer… »
    [extrait du first topic, extrait du rêve].

    Dans son rêve, elle tirait, oui. Elle souvenait du « BANG, » du malaise à son réveil. C’était à partir de ce cauchemar qu’elle avait commencé à changer. Peu à peu, une mélancolie inconnue s’était emparée d’elle – mélancolie qu’elle avait repoussée. Mais qui prenait le dessus.


    « MAIS BON SANG, TIRE ! »

    À présent, ses mains tremblaient. La fatigue qui s’était évaporée revenait la hanter, la rage l’avait complètement désertée. Seules des larmes silencieuses et incessantes coulaient de ses yeux, lui constituant une expression de désespoir profond. En réfléchissant… La première des deux seules personnes qu’elle aimait était morte. Il ne lui en restait plus qu’une. Si elle la tuait, que deviendrait-elle ? Non, ce n’était pas comme ça qu’elle devait penser. Elle s’en fichait, d’elle. Mais comment se résoudre à tuer un homme qui vient de réaliser son rêve ? Un homme qui vient enfin de se libérer d’une souffrance atroce ? Un homme dont la vie vient de commencer ? Comment détruire une existence, un avenir merveilleux, une personne avec des sentiments ? D’une seule pression ? N’était-ce pas tout simplement atroce ? Emiko ne savait plus quoi faire… Obéir à son cœur, ou à son honneur ?

    Etats d’âme.


    « EMIKO ! Il a tué ton père ! »

    Et toujours ces larmes qui coulaient… Et toujours ces tremblements, cette expression de tristesse absolue… Et toujours ces ordres sans cœur derrière elle… Que faire ? Prouver sa valeur en tant que NoRight, ou prouver qu’on a des sentiments ? Les traits d’Emiko se tordaient sous la souffrance, sous le chagrin qui s’était emparé d’elle. Cruel dilemme.

    « IL A FAILLI TE TUER ! »

    Cette réplique lui coupa la respiration. Entre deux larmes, elle parvint à objecter d’une voix faible :

    « Mais il ne l’a pas fait. »

    Puis, elle murmura, de façon à ce que seuls Kurosaki et elle puissent l’entendre :

    « Pourquoi… ? »

    Emiko réalisa que tous ses efforts avaient été vains. Que même dans ce monde, cet horrible monde en guerre, en conflit sans issue ; que même dans ce monde, elle était tombée amoureuse de Kurosaki dès le premier regard. Que malgré avoir repoussé toute émotion, toute forme d’Amour… Elle l’aimait. Elle l’aimait plus que tout, et la seule chose qui pourrait lui rendre vie, à elle, bien qu’il ait tué son père, c’était… Rester auprès de lui pour toujours. Elle voulait qu’il la protège comme il protégeait sa sœur, elle voulait qu’il l’embrasse avec Amour, elle voulait s’endormir à ses côtés chaque soir, elle voulait sentir son magnifique regard posé sur elle à chaque seconde…

    Elle le voulait. Lui, et lui seul.

    Et toujours ces larmes, et toujours ces ordres, et toujours ce choix si difficile…


    « Kurosaki, pourquoi… ? »
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Kurosaki Kusano

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MessageSujet: Re: Sound of a gun. { Kuro <3   Lun 1 Juin - 20:11

    « NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON ! »

    Ce cri d’effroi lui avait glacé le sang. Qu’avait-il fait ? Ne connaissait-il pas cette souffrance de la mort d’un être cher ? Comment avait-il pu infliger ce qu’il avait ressenti durant toutes ces années à quelqu’un d’autre ? A Emiko…Il s’en voulait tellement. Si elle n’avait pas existé, si elle avait été un homme, tout aurait été plus facile. Il l’aurait tué dans la salle de torture. Il l’aurait tué à la réception. Il l’aurait tué dès qu’il en aurait eu l’occasion de le faire. Pourquoi ces deux clans étaient-il nés pour s’entre tuer ?

    Courant vers les escaliers qu’il allait emprunter, il entendit les paroles haineuses de la jeune femme. Il allait payer, et finalement il le méritait. Il monta les marches à une vitesse folle, comme si la fin du monde approchait et que la vie se trouvait encore à sa portée. Mais une fois en haut, il fut trop tard. Elle l’avait rattrapé. Ils luttèrent, s’armant de leurs poings, se battant pour la vie de chacun. L’arme du nippon vola et quand il tenta de s’en emparer, elle lui infligea un douloureux coup de pied qui l’obligea à tomber au sol. Elle prit son propre revolver et au moment où notre jeune asiatique se relevait et se tenait à genoux, elle le pointa avec. Le même visage vidée de toutes expressions, et pourtant un regard animé par le regret. Il n’avait plus aucune fierté. Il venait d’accomplir une chose pour laquelle bon nombre des gens de son clan l’auraient admiré, et pourtant il lui semblait avoir fait la pire chose du monde. Mais finalement, le verbe ‘sembler’ n’a rien à faire dans cette phrase : il avait fait la pire chose au monde. Il avait tué un homme, certes mauvais. Un homme qui avait mérité sa mort, et pourtant il s’en voulait. La vrai raison de ce regret, parait pourtant évidente non ?

    Elle ne tirait pas. Kurosaki ne pouvait plus attendre. Il avait souvent dit que mourir lui importerait peu après avoir sauvé Malia. C’était le cas. Même sa sœur n’arriverait pas à lui faire retrouver un quelconque sourire après l’acte abominable qu’il venait d’accomplir. Soudain, des pas retentirent. Des NoRights accouraient. Tous s’arrêtèrent devant ce spectacle si…étonnant ?

    « Qu’est-ce que tu attends ?! Tue-le ! »

    Emiko semblait pensive. Rien ne la tirait de sa rêverie, pas mêmes les paroles de sa coéquipière qui ne s’arrêtait plus d’hurler les mêmes paroles répétitives à son attention. Elle semblait dans un autre monde. Si Aki l'avait voulu, il aurait pu se sauver rapidement, et pourtant il restait, pour payer et parce qu’il était intrigué.


    « EMIKO ! Il a tué ton père ! »


    Elle pleurait, elle tremblait. Et devant ce triste spectacle, Kuro ne pouvait rester impassible, dépourvu de toutes expressions. Plus il la regardait, plus il se voyait à ses dix ans. Plus il la regardait, plus il comprenait ce sentiment qui avait toujours été présent et qu’il avait longtemps refoulé. Il l’aimait. Il l’avait toujours aimé. Au premier regard, il l’avait admiré. A leur première danse, elle l’avait fait chaviré, et à leur première nuit, il l’avait aimé. Et cet amour n’avait cessé de grandir avec leur rendez-vous. Il devait faire face à ses sentiments. ‘Pour cette personne irremplaçable, je dois montrer ma gratitude avant qu’il soit trop tard.’ Cette personne, c’était Emiko. En treize ans d’existence, elle avait été la seule à faire découvrir à Kusano une partie de son cœur qu’il ne connaissait pas.

    « IL A FAILLI TE TUER ! »

    Kuro porta son regard vers la femme qui venait de prononcer ces paroles. Il s’apprêtait à lui répondre. Lui dire la raison de cette non action, mais Emiko répondit avant lui.

    « Mais il ne l’a pas fait. »


    Kurosaki, les larmes aux yeux plongea son regard dans celui de la jeune femme qui elle-même se noyait dans le sien. « Pourquoi… ? », avait-elle dit. Trouverait-il seulement la force de lui avouer ? De lui dire ce qu’il refoulait depuis des semaines ? Il le fallait, il le devait. Et pourtant, aucun son ne parvenait à s’évader de ses lèvres. Il était paralysé, paralysé par la peur pour la première fois de sa vie. Il avait baissé les yeux, il regardait le sol.

    *Emiko, tue-moi avant qu’il ne soit trop tard*

    « Kurosaki, pourquoi… ? »

    Il releva la tête et posa son regard dans celui larmoyant de la digne fille Hiroshi. A cet instant, il ne pu contenir ses larmes. L’une d’elles déferla sur sa joue. Il devait percer ce silence douloureux qui s’était installé depuis quelques secondes. Et dans un effort animé par l’amour qu’il portait à la jeune femme qui le braquait, il parla.


    « Parce qu’on ne peut pas tuer les gens qu’on aime, quelque soit leur clan. Je t’aime Emiko…d’un amour si fort que mourir de ta main est la seule mort qui pardonnerait mon existence. Je t’aime à en mourir. Peut-être que tu ne me croiras pas…mais au moins avant que cette balle ne traverse mon corps, j’aurais su avouer en partie ce que je ressens à ton égard. Pardonne-moi…et si tu ne me pardonnes pas, je le comprendrais. Pardonne-moi de t’avoir aimé…maintenant tire… »


    Il se leva, s’apprêtant à déposer un dernier baiser sur les lèvres d’Hiroshi quand soudain une balle traversa sa peau et se nicha dans sa poitrine. Il tomba en arrière, sombrant une ultime fois dans le regard de la jeune femme…
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MessageSujet: Re: Sound of a gun. { Kuro <3   Dim 7 Juin - 15:43

    HJ; à lire avec Zombi des Cranberries, ou avec Ever Dream de Nightwish. & pardon c'pas top.

    À force de répéter « Pourquoi ?, » Emiko finit par se demander si elle n’aurait pas préféré qu’il la tue, comme il en avait eu l’occasion un peu plus tôt. Ainsi, elle n’en serait pas là. Elle n’aurait pas souffert de son déshonneur, elle n’aurait pas souffert de la mort de son père. Elle ne serait pas en train de souffrir à cause d’un maudit choix qu’elle devait pourtant se résoudre à faire. Oui, peut-être aurait-il mieux fait de l’abattre… Mais d’un côté, si il l’avait fait, jamais elle n’aurait été là pour qu’il lui dise les mots qu’au fond d’elle, elle avait toujours espéré entendre. Sans même qu’elle en soit consciente.

    « Kurosaki, pourquoi… ?
    - Parce qu’on ne peut pas tuer les qu’on aime, quelque soit leur clan. Je t’aime Emiko… d’un amour si fort que mourir de ta main est la seule mort qui pardonnerait mon existence. Je t’aime à en mourir. Peut-être que tu ne me croiras pas… mais au moins, avant que cette balle ne traverse mon corps, j’aurais su avouer en partie ce que je ressens à ton égard. Pardonne-moi… et si tu ne me pardonnes pas, je le comprendrai. Pardonne-moi de t’avoir aimé… Maintenant, tire…
    »

    Emiko n’en croyait pas ses oreilles. Alors comme ça, il l’aimait… ? Avaient-ils ressenti les mêmes choses, mais sous un angle différent ? Il semblait bien que ce soit le cas. La jeune femme n’en revenait pas, elle n’arrivait pas à réaliser… C’était trop beau pour être vrai… Malheureusement, une réplique derrière elle la ramena bien vite sur terre.

    « Emiko, es-tu en train de pactiser avec l’ennemi ? Venge-toi, sauve ton honneur, qu’est-ce que tu attends ?! »

    Elle secoua la tête comme pour chasser des pensées parasites, comme pour se ramener à la réalite, comme si elle s’attendait à se rendre compte qu’elle avait rêvé, qu’elle avait imaginé les paroles de Kurosaki et chaque mot qu’il avait prononcé. Pourtant, lorsqu’elle porta à nouveau son regard sur lui, rien n’avait changé. Pas même ces battements de cœur incroyablement rapides qu’elle sentait toujours au creux de sa poitrine… Elle ne pouvait décidément pas tirer. Elle n’avait pas la force d’appuyer sur la détente. Elle avait trop attendu, maintenant ce geste pourtant dérisoire lui était impossible. Pourtant, elle se sentait tout aussi incapable de baisser son arme. Comme si elle n’acceptait pas de faire un choix. Comme si elle ne l’assumait pas.

    Son père était mort. Kurosaki était si beau, si attendrissant… Son honneur était mort. Kurosaki l’aimait… Elle avait elle-même frôlé la mort. Kurosaki avait des larmes dans les yeux… Emiko se sentait déchirée. Son cœur était en deux, son âme aussi, son esprit aussi, et elle s’étonnait que son corps n’aie pas suivi le même chemin. C’était comme si on l’avait découpée à la hache. Elle avait l’affreuse impression que deux bêtes diamétralement opposées se battaient férocement au creux de sa poitrine… Que faire ? Que faire lorsque chacun des choix vous amène à la défaite ? Lorsque vous savez pertinemment qu’aucun n’est le bon ? Et que vous n’avez que ces solutions-là ? Après tout, c’était clair : soit elle le tuait, soit elle trahissait les siens… au risque de mourir aussi. Que choisir ?

    Elle ferma les yeux, secoua la tête, rouvrit les yeux, regarda Kurosaki. Non, non, non, elle ne devait pas le regarder. Elle baissa les yeux. Et se ressaisit. Le cran de sécurité était enlevé, la gâchette à deux millimètre de son index droit. Elle n’avait qu’à appuyer, appuyer et tout serait fini… Et plus jamais elle ne reverrait son visage… Non. Elle ne pouvait pas tirer. Elle laissa échapper un murmure, pour elle-même, si bas qu’elle fut la seule à s’entendre prononcer les quelques mots qui décidaient de son choix.


    « J’peux… J’peux pas… »

    Son hésitation amena Kurosaki à espérer, parce qu’il se leva. Dans le souhait d’un dernier baiser sans doute, il s’approcha d’Emiko. Celle-ci n’avait pas baissé son arme, elle restait braquée dans le vide, là où la tempe de l’AnyBand s’était trouvée, quelques centièmes de seconde plus tôt. Le regard de la belle suivit son jumeau, duquel une larme avait coulé. Il n’était pas trop tard pour l’abattre, mais Emiko savait maintenant que jamais… Jamais elle n’accepterait de voir ce regard s’éteindre. Elle avait encore trop de choses à y lire, elle avait encore trop besoin de le sentir posé sur elle. Elle avait encore trop besoin de Kurosaki. Et à présent, elle s’attendait à sentir les lèvres du japonais se poser sur les siennes une fois encore. Et à cet instant, elle se déconnectait complètement du monde, oubliant tout. Le toit, le triste paysages d’immeubles grisonnants et tous pareils s’étendant à perte de vue derrière eux, les NoRights derrière elle qui criaient toutes sortes de phrases, de plus en plus hostiles, mais auxquelles Emiko prêtait de moins en moins attention. Autant dire qu’elle n’en avait plus rien à faire. Qu’elle ne voyait plus rien, plus rien sauf Kurosaki. Son visage, ses mèches brunes en désordre, ses lèvres, ses yeux, son regard…

    « PAN. »

    Sous les iris horrifiés d’Emiko, Kurosaki s’effondra, s’écrasant au sol comme son père quelques minutes plus tôt. Avait-elle tiré ?! Que s’était-il passé ?! Affolée, prise de panique, la jeune femme regarda son revolver pour constater que le coup n’avait pas été tiré de son arme. Ce n’était pas elle. Alors, qui ? Elle se retourna. Une autre NoRight se tenait là, debout devant les autres, son propre flingue à la main. Ce dernier dégageait de la fumée. Pour la énième fois de la journée, Emiko sentait une vague de haine l’envahir. Mais cette fois, c’était différent. C’était une rage qu’elle retournait contre son propre clan. Une pulsion meurtrière l’envahit. Se rendant compte qu’elle avait encore son arme à la main, elle s’en saisit fermement et sans réfléchir… Tira. Encore, et encore. Des cris retentirent, des corps s’effondrèrent, tandis qu’elle entendait :

    « TRAITRESSE ! ARRETEZ-LA ! »

    *NON !* pensa la belle, avant de balancer son revolver dans le vide, de se retourner pour se jeter près de Kurosaki. Elle devait faire vite. Très vite. Mais elle savait qu’elle y arriverait, parce qu’elle ne laisserait pas le nippon mourir. Après une bref constatation, Emiko réalisa qu’il avait prit une balle dans le ventre, mais qu’il était toujours conscient. Le sang coulait à flot, et il était si dense que si elle n’y avait pas été habituée, la NoRight aurait eu la nausée. Voire serait tombée dans les pommes.

    Sans un mot, elle releva Kurosaki et, le soutenant, chercha un moyen de s’échapper. Elle savait que si les siens mettaient la main sur elle, ils la tueraient. Et son bien-aimé avec – à mois qu’ils ne préfèrent le garder pour le torturer. Emiko jeta un coup d’œil autour d’elle, et un coin reculé du toit attira son attention.

    Un échafaudage.

    Sans l’ombre d’une hésitation, elle se précipita vers lui et le descendit sur plusieurs étages, aidant toujours Kurosaki à se déplacer. Celui-ci ne parlait pas, on n’entendait que sa respiration gémissante, qui traduisait sa douleur en déchirant le cœur d’Emiko au passage. Cette dernière utilisa une fenêtre pour rentrer à nouveau dans le bâtiment, à un étage qu’elle savait désert à cette heure-ci. Heureusement qu’elle connaissait bien les lieux. C’est sans trop de problèmes qu’elle parvint jusqu’à une sortie de secours non gardée. Elle avait réussi, elle s’était échappée. Elle avait sorti Kurosaki de cet enfer, où il avait risqué sa vie pour sa chère petite sœur. Maintenant, elle devait aller jusqu’à l’hôpital le plus proche, avant qu’il ne se vide de tout son sang. Mais elle devait faire vite : si la mort de Monsieur Hiroshi et d’autres officiers NoRights retarderait ses anciens alliés, elle n’allait pas les empêcher de poursuivre leur traque.

    Emiko courut alors à travers la ville, un Kurosaki à demi-conscient dans les bras, qui la ralentissait et la remplissait d’une fatigue inouïe. Après tout, elle avait passé sa journée à courir, à se dépenser comme jamais elle ne l’avait fait. Alors elle se jura intérieurement, ou plutôt jura à Kurosaki qu’elle ne s’autoriserait à s’effondrer que lorsque celui-ci serait entre de bonnes mains.

    Poursuivant sa course à travers la ville jusqu’à l’hôpital le plus proche, Emiko réalisa… Qu’elle avait fait son choix.
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